Épisode 8. L'inflation : calamité pour les uns, aubaine pour les autres

Le système de la création de crédit par les banques commerciales représente une production continue de monnaie. 
Quand l'afflux de monnaie nouvelle se produit dans un secteur de l'économie où l'offre ne peut pas s'ajuster immédiatement à ce nouveau pouvoir d'achat, "l'inflation" monétaire, c'est-à-dire le gonflement de la masse monétaire locale, peut être la cause d'une "inflation" des prix, c'est-à-dire de leur augmentation. Les prix montent là où il y a une injection de monnaie supplémentaire. 

NB : "Surproduction de monnaie" signifie que la croissance de la masse monétaire est supérieure à la croissance de la production de biens et de services. Un décalage entre la monnaie et la production peut ainsi générer une augmentation des prix à la consommation et/ou une augmentation des prix des actifs (immobiliers ou financiers). Cet excès de monnaie peut résulter d'un excès de création de crédit au profit des gouvernements, des entreprises ou des particuliers, mais aussi d'une spéculation financière excessive au profit des fonds d'investissements ou des banques elles-mêmes quand elles financent les effets de levier de leurs propres opérations mobilières ou immobilières. (Voir Épisode 15bis "Bonus"). Ce type d'opérations peut faire varier les prix des matières premières, des produits agricoles, etc.

Mais le problème n'est pas seulement dans le fait que les prix montent. Il est aussi dans le fait que tout le monde n'est pas à égalité face à cette augmentation. 
Par exemple, l'augmentation des prix des produits de première nécessité, de l'énergie, des loyers, des appartements ou des maisons, quand elle se produit, entraîne une perte de pouvoir d'achat pour les citoyens dont le revenu reste fixe, par exemple les salariés, les retraités... Leur seule défense, et le seul moyen de maintenir leur pouvoir d'achat, serait d'augmenter leurs revenus (exprimés en unités monétaires). 
Malheureusement, la faculté d'obtenir une augmentation de revenu pour compenser la perte de pouvoir d'achat varie considérablement d'une personne à une autre et d'un secteur à un autre. 
L'augmentation des prix est subie de plein fouet par ceux qui ne possèdent pas le pouvoir de négociation suffisant ou l'accès aux capitaux qui leur permettrait d'obtenir une augmentation proportionnelle de leurs revenus. 
Pour d'autres, le problème ne se pose pas. Il suffit d'être du bon côté. L'augmentation du prix des actifs n'est pas un problème pour ceux qui les possèdent, bien au contraire !
En effet, dès le moment de l'achat et de la demande de crédit, les inégalités sont là. Plus les garanties (hypothèques, capitaux existants, actifs financiers, immobiliers...) que l'on peut apporter sont importantes, plus l'accès au crédit est facile (et moins cher !). Les détenteurs de richesses existantes possèdent donc un accès tout à fait privilégié à la monnaie nouvelle. 
Cet état de fait à deux aspects : 
1. L'accès aisé au crédit permet à une certaine catégorie de la population d'acquérir des biens avant tout le monde, et sans souci de financement.
2. Cet accès aisé permet à ces privilégiés d'investir de la monnaie nouvelle les premiers dans certains biens précis, ce qui causera pour les suivants une hausse des prix de ces mêmes biens dans le futur.
Autrement dit, certains peuvent acheter au meilleur prix des biens dont le prix futur sera plus élevé, alors qu'ils causent eux-mêmes cette plus-value, générant ainsi les bénéfices de leur revente future ! 
L'augmentation des prix se diffuse ainsi dans la société, et ceux qui sont "le plus près du robinet" sont avantagés : ils gagneront tôt ou tard l'argent perdu par les suivants.
Tout au long des cycles provoqués par le système monétaire (voir Épisode 6) et selon les hasards de la fortune, certaines catégories de citoyens ont ainsi la chance, non pas de subir l'inflation qu'ils provoquent eux-mêmes, mais au contraire d'en profiter.

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