Épisode 7. Des règles qui engendrent le conflit, la cupidité, et la violence

Dans un système où la monnaie ne peut être créée qu'avec de la dette payante, il faut en permanence des nouveaux crédits pour payer les intérêts des crédits précédents. Il n'y aura donc jamais assez de monnaie dans l'économie pour payer à la fois la dette et les intérêts en cours. 
On peut dire que pour parvenir à payer la dette et les intérêts de la dette, il faut :
- soit emprunter encore plus pour payer les intérêts de la dette ("rouler la dette" : c'est ce que font les gouvernements)
- soit piller l'économie et la planète pour trouver assez de monnaie pour rembourser les crédits et les intérêts en cours. Comme tout le monde a besoin de monnaie, tout le monde cherche à vendre et à exporter (d'où la concurrence aveugle entre pays, entre entreprises, entre personnes)
- soit réussir à gagner plus que les autres pour payer ses propres intérêts et ses propres impôts (d'où la concurrence féroce entre tous, pour les rares emplois, pour les emplacements commerciaux, pour les "bonnes places" : d'où la corruption, les passe-droits et les pots-de-vin). Ça peut marcher pour certains (c'est la "sélection naturelle" !). Les autres resteront sur le carreau.
- soit que de nouveaux emprunteurs arrivent pour créer la monnaie qui permettra de payer les intérêts des crédits précédents (d'où la nécessité de croissance).

Quoi qu'il en soit, ce système crée une insuffisance permanente et structurelle de monnaie qui ne peut pas engendrer autre chose que des comportements de survie individuelle, de manque, de concurrence féroce et de rapacité. 
L'Être humain étant une espèce dont la qualité principale est l'adaptabilité, on peut facilement comprendre, et de nombreuses études scientifiques le prouvent (voir Épisode 13), que des règles du jeu reposant sur le manque et l'inégalité engendrent des comportements offensifs, égoïstes et usurpatoires.
Dans un tel monde, c'est toi ou moi. Si je ne parviens pas à prendre ce qu'il me faut pour satisfaire à mes engagements, c'est toi qui me prendra tout ! Quand on parle d'argent, c'est du sérieux. Le fait de mesurer les échanges avec un outil monétaire toujours plus rare et privateur brise les liens que le crédit mutuel ancien, toujours disponible et facile à créer, perpétuait et renforçait (voir Épisode 4, NB2). Désormais, même en famille, les rapports sont altérés, et l'expression "régler ses comptes" prend tout son sens. 

Les mécanismes actuels de la distribution monétaire ont aussi des effets à long-terme : en favorisant l'accumulation exponentielle des revenus que procure la possession de monnaie, ils créent avec le temps des lignées entières de privilégiés. 
En face, ce sont donc des populations entières de nouveaux entrants (les plus jeunes, les plus dynamiques et les plus créatifs d'entre nous !) qui se retrouvent totalement défavorisées. Les malchanceux se retrouvent dès leur naissance face à un jeu où toutes les meilleures cartes ont déjà été distribuées, où les investissements vont aux dinosaures du passé et non au projets de l'avenir, où tous les meilleurs postes, les meilleurs créneaux, les meilleurs terrains sont déjà occupés, et où les projets qui pourraient changer les choses ne peuvent pas être financés. 
Ces circonstances s’aggravent à chaque instant, comme dans un jeu de Monopoly infernal où certains recevraient le double ou le triple des autres et auraient en main plusieurs dés contre un seul, un monde où les perdants sont tenus de se soumettre aux gagnants pour obtenir les moyens de survivre, gâchant ainsi leur inestimable temps de vie à perpétuer le monde d'hier, alors qu'ils pourraient donner vie au monde de demain. 
Inutile d'espérer que la lassitude ne finisse pas par céder la place à la colère, et la colère à la violence. 

Malgré les innombrables mécanismes de redistribution et d'assistanat que les États, croyant bien faire, ont mis en place, les inégalités ne font que se renforcer. 
Cet échec patent des politiques sociales démontre à lui seul que les mécanismes monétaires sont bien plus puissants que toutes les redistributions. 

NB : A contrario, on peut supposer que si l'on parvenait un jour à remplacer le système arbitraire et prédateur que nous subissons actuellement par un système honnête, équitable et équilibré, la société dans son ensemble connaîtrait un soulagement inouï et un boom de prospérité sans précédent. 
Il y a même fort à parier que des économies tellement considérables seraient soudain réalisées à des niveaux tellement nombreux, que l'on s'apercevrait probablement que la plupart des impôts, taxes et charges sociales redistributives que l'on croyait indispensables dans l'ancien système se révèlent en réalité totalement superflus.

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×