Épisode 6. Un système instable par construction, cause directe de bulles et d'effondrements à répétition

Il existe de nombreuses preuves qui montrent que les mécanismes monétaires actuels engendrent une instabilité structurelle de l'ensemble du système. La crise, la "Grande Récession" qui a commencé en 2008, est loin d'être terminée, mais ce n'est pas un phénomène unique, loin de là. 
Depuis que des systèmes monétaires (tous identiques et tous basés sur un monopole de l'argent payant) sont en place dans la quasi-totalité des pays du monde, on compte un nombre considérable de crises monétaires similaires. 
Entre 1970 et 2010, le décompte officiel du Fonds Monétaire International dans ses États membres est le suivant : 
145 crises bancaires
208 effondrements monétaires
et 72 crises de dette publique
Soit un total de 425 crises financières liées directement à l'instabilité intrinsèque des systèmes en place. 

La multitude des crises, dans des pays aux économies différentes, avec des monnaies différentes, leurs effets contagieux sur les économies nationales des pays concernés, les ravages similaires qu'elles occasionnent sur des populations toutes différentes, démontrent sans l'ombre d'un doute le caractère systémique et structurel du problème : le système monétaire actuel entraîne inévitablement des effondrements financiers à répétition qui dégénèrent inévitablement en désastres humains et sociaux réels. 

Le modèle est très simple : les banques commerciales créent du crédit et perçoivent des intérêts sur la monnaie ainsi émise. Plus il y a de crédits émis, plus il y a d'intérêts perçus, plus il y a de profit (et plus il y a des débiteurs qui travaillent !). 
Dans les périodes de croissance, les banques prêtent à tout-va pour profiter du boom. Dans les périodes de dépression, les banques ferment les robinets du crédit pour diminuer leur risque. 
Les banques créent donc plus de monnaie pendant les périodes de croissance et moins de monnaie pendant les périodes de récession, ce qui amplifie les mouvements à la hausse comme à la baisse, ce qui crée des instabilités violentes dans les marchés financiers et des bulles à répétition dans l'immobilier, les matières premières ou tout autre secteur où l'argent se précipite. 
Quand les bulles explosent, les actifs cessent de monter et les effets s'inversent : les conséquences pour l'économie réelle sont dramatiques, des gens se retrouvent à la rue, les plus faibles souffrent et meurent. 

Explication : 
Le fait que le crédit-monnaie soit injectée, non pas de manière homogène dans l'ensemble de l'économie, mais de manière arbitraire dans des secteurs particuliers, entraîne plusieurs conséquences : 
1 - L'accès plus aisé aux financements pour un type de bien donné permet aux acheteurs de ce type de bien de proposer des prix supérieurs pour les acquérir. En conséquence, les vendeurs auront tendance à demander des prix supérieurs. Ces deux paramètres ont tendance à faire monter les prix de cette catégorie de biens.
2 - Le fait que les prix d'une certaine catégorie de biens montent incite les émetteurs de crédit à adopter le raisonnement suivant : "Nos débiteurs, s'ils ont des difficultés à nous rembourser, pourront toujours revendre leurs biens avec une plus-value et ainsi, ils pourront nous rembourser facilement. Au pire, s'ils font faillite, il nous suffira de saisir leur bien et de le revendre nous-même avec un profit. Tant que cette situation dure, nous pouvons donc assouplir nos critères de solvabilité."
3 - Du point de vue des emprunteurs, le raisonnement est similaire : "Les prix montent, c'est le moment ou jamais d'acheter, prenons un crédit ! Même s'il les mensualités sont trop élevés pour nous, nous pourrons toujours revendre le bien, encaisser la plus-value, et tout rembourser."
Tout cela pousse à la création et au gonflement de la bulle. 

Puis vient un moment où tout le monde a pris un crédit. Tout le monde a acheté, tout le monde est endetté. Il n'y a plus d'acheteurs, et plus personne ne peut, ni ne veut, prendre de nouveaux crédits. De plus, dans certains cas, le rendement (loyers, dividendes...) des biens achetés ne permet pas d'assurer le paiement des charges de crédit. 
Arrive donc le moment où certains débiteurs, ne pouvant pas payer leurs mensualités, commencent à vendre. C'est le signal du renversement. Comme il n'y a presque plus d'acheteurs, les vendeurs sont obligés de brader. Les prix s'effondrent. Tous les indicateurs qui montaient (nombre d'acheteurs, prix de vente, nombre de transactions, émission de crédit...) s'inversent. Tout se met à chuter. Y compris l'activité, et donc l'emploi. 
La bulle a explosé. La crise est en marche. Il va falloir solder tous ces crédits peu à peu, et donc, se serrer la ceinture pendant des années, ce qui ne fera que diminuer encore la quantité de monnaie dans l'économie, et donc diminuer l'activité, augmenter le chômage, et aggraver la récession.

 

Par Gérard Foucher

 

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