Épisode 5. Nos soldes bancaires ne nous appartiennent pas

Les dépôts bancaires (les sommes en positif qui figurent sur nos comptes, c'est-à-dire le total de nos soldes) sont de la monnaie bancaire, pas de la monnaie fiduciaire. 
Pour être précis, il faudrait dire : "Tel dépôt provient d'un crédit émis par telle banque. Tel autre dépôt provient d'un crédit émis par telle autre banque." Aucun des deux dépôts n'a de contrepartie complète en monnaie fiduciaire (pièces ou billets), et pourtant les deux monnaies (monnaie fiduciaire et monnaie bancaire) se confondent, et portent le même nom, celui de la monnaie officielle.

En réalité, la monnaie bancaire n'est qu'un substitut à la monnaie fiduciaire, une simple promesse de la banque de débourser des billets si un client les demande. Mais la promesse est intenable, car les banques n'ont pas, loin de là, l'équivalent de leurs dépôts bancaires en monnaie fiduciaire ou en réserves à la Banque Centrale. Si tout le monde demandait à retirer son argent en liquide, les banques seraient dans l'incapacité de payer. Tout le secteur s'écroulerait faute de liquidités. 

NB : … Ou alors il faudrait des mois pour que tous les avoirs soient transformés en billets, et que tous les billets soient imprimés... et plus personne ne toucherait d'intérêts !

Les banques ne pourraient pas survivre si nous ne leur faisions pas confiance... 

Par ailleurs, puisque : 
1. La totalité de la monnaie bancaire (la somme de tous les dépôts) est issue d'une création de crédit/dette "ex nihilo" par une double écriture simultanée d'un actif et d'un passif bancaire (voir Épisodes 1 et 4)
2. C'est ce passif bancaire qui est devenu la monnaie positive de nos comptes
et que
3. Les banques sont des entreprises commerciales

Cela signifie que : 
1. Nous sommes tous collectivement débiteurs (puisqu'il a fallu nous endetter auprès du secteur bancaire pour créer toute la monnaie) et nous ne sommes créditeurs que de nos soldes positifs individuels.
2. La monnaie en circulation, c'est en réalité le passif des banques.
3. L'argent que nous croyons posséder n'est en fait qu'une promesse de payer qui figure au bilan d'une entreprise commerciale.

Juridiquement, vous êtes autant propriétaire de votre solde bancaire que vous l'êtes d'une traite que vous a signé une entreprise ou d'un avoir que vous a donné un commerçant. Si l'entreprise ou le commerçant ferme boutique, votre papier perd toute valeur. 
Et comme le secteur bancaire dans son ensemble est une énorme pyramide de dettes et de crédits entremêlés, au moindre défaut, tout s'écroule ! C'est le fameux "risque systémique" (voir Épisode 2). 
Si une réaction en chaîne se déclenche comme en 2008, les renflouements par les gouvernements sont donc indispensables pour sauver le système... et nos économies !

 

Par Gérard Foucher

 

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