Épisode 3. Pour résorber la dette, il faudrait de la monnaie. Mais que fait l'État ?

Le seul moyen de freiner la récession, ce serait d'émettre de nouveaux crédits (c'est-à-dire contracter de nouvelles dettes) pour créer de nouvelles unités monétaires, afin que les transactions et l'activité puissent reprendre. Or, pendant une récession, personne ne souhaite emprunter, au contraire, tout le monde fait le gros dos, essaye de diminuer ses charges et dépense le moins possible, faute de monnaie. Donc personne ne crée de monnaie !
Pour jouer ce rôle, il ne reste plus que l'État. 
La problème, c'est que dans le système actuel, la plupart des États du monde se sont interdit de "frapper monnaie", c'est-à-dire de créer eux-mêmes de la monnaie "ex nihilo" à taux zéro pour la dépenser dans l'économie. 
Pour réinjecter de la monnaie, les États se sont tous laissé convaincre qu'ils devaient l'emprunter (c'est-à-dire se faire créer de la monnaie par une entité extérieure). 
Dans le monde entier, c'est le même système. Les États s'obligent tous à "emprunter" leur propre monnaie. 

Il y a deux modèles : 
1 - soit les États font créer leur monnaie par une Banque Centrale. C'est le cas pour tous les États ayant conservé leur monnaie nationale (Japon, Royaume-Uni, USA...)
2 - soit les États s'interdisent le modèle 1, et s'obligent à trouver leur monnaie sur les "marchés financiers" (c'est-à-dire le secteur bancaire et ses filiales). C'est le cas pour tous les États européens. 

Dans tous les cas, dans le système actuel, la seule solution dont disposent les États pour réduire les ravages de la crise, c'est de s'endetter encore plus pour "acheter" de la monnaie. 
Réduire les dépenses des États et augmenter les impôts en espérant régler le problème de la dette publique n'a donc aucun sens. Cela ne fait qu'engendrer des conflits sociaux et des révoltes. Les citoyens se doutent bien qu'il ne reverront jamais la couleur de l'argent qu'on les force à payer, ou qu'on ne leur donne plus. 
C'est une situation absurde, que l'on peut à juste titre déplorer, mais quand ni les entreprises ni les ménages n'ont plus les moyens d'emprunter pour créer l'argent qui leur permettrait de reprendre leurs activités habituelles, il ne reste plus que l'État pour jouer ce rôle. 
Le déficit public - qui par ailleurs permet à l'État de conserver artificiellement un train de vie élevé en toutes circonstances - est donc aussi un élément essentiel pour réduire l'ampleur du désastre qui frappe les populations ordinaires.
Si le déficit public n'existait pas, la crise serait encore plus profonde et plus grave que ce qu'elle est aujourd'hui. 

NB : Quantitative Easing
Quand les États font du "Quantitative Easing", c'est‑ à‑ dire autorisent les Banques Centrales à créer des "réserves" pour renflouer les bilans des banques, l'argent ainsi créé ne va jamais dans l'économie réelle. Il est simplement attribué aux banques pour "respecter les ratios", c'est-à-dire couvrir les besoins en monnaie centrale correspondant aux crédits qu'elles ont déjà émis, et leur éviter la faillite. C'est ce qui explique que le Quantitative Easing ne crée pas d'inflation des prix à la consommation, et ne relance aucunement l'activité. Il permet seulement au secteur bancaire d'investir massivement cet "argent gratuit" sur les marchés immobiliers et financiers, masquant ainsi les effets destructeurs de la crise.

 

Par Gérard Foucher

 

Son blog c'est  ICI!

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

×