Épisode 14. Un système esclavagiste

Une situation d'esclavage s'établit dès lors que deux conditions sont réunies : 
1. un être humain dispose d'un droit de vie ou de mort sur un autre être humain, alors nommé "esclave"
2. l'esclave ne peut pas s'échapper sous peine de mort.

NB1 : On peut déduire de ces deux éléments que l'esclavage est l'état d'un individu sur lequel s'exercent les attributs du droit de propriété. (voir également NB2 ci-dessous)

Nous allons démontrer que les deux conditions ci-dessus existent aujourd'hui, alors même que l'instrument de l'esclavage n'est pas le fouet ni le fusil, mais la monnaie. Les "maîtres" étant les détenteurs du pouvoir monétaire, les "esclaves" étant tous les autres.

Peut-on se soustraire à ce système pour éviter d'en devenir victime ?
Il faudrait pour cela pouvoir disposer du temps de vie et des moyens nécessaires pour satisfaire les besoins vitaux : nourriture, sécurité, abri, et cela sans avoir besoin de recourir à la monnaie. 
Pour les moyens, il faudrait donc pouvoir cultiver son propre jardin, se regrouper pour se protéger et pour construire ses propres habitations… Mais pour cela, il faudrait pouvoir trouver des terrains libres et des ressources libres dont personne ne serait encore propriétaire, ce qui est impossible compte-tenu des règles régissant le droit de propriété et de la quasi-universalité de leur application. Cette situation met les candidats à l'émancipation dans l'obligation de disposer de monnaie pour acquérir les lieux et les moyens de vivre sans monnaie, ce qui est une contradiction irréductible.
Par ailleurs, le temps de vie qui serait nécessaire pour faire tout cela est lui-même accaparé par la nécessité vitale de trouver de la monnaie pour satisfaire les besoins vitaux.
Sans monnaie, pas de vêtements, pas de toit, pas d'eau, pas de nourriture. Sans monnaie, on meurt.
Or, pour l'immense majorité des humains, il n'est pas possible, ou strictement interdit, de créer la monnaie indispensable pour vivre. 
Seuls certains humains, après en avoir revendiqué et obtenu le monopole par la Loi, disposent de ce privilège.
Pour la plupart des humains, il faut donc, pour avoir le droit de rester en vie, se soumettre à ceux qui produisent de la monnaie, c'est-à-dire à ceux qui ont le pouvoir d'en créer.
Conclusion : 
Étant donné que : d'une part le système monétaire actuel confie le pouvoir exclusif de créer la monnaie à certains humains et pas à d'autres, et que d'autre part le fait de disposer ou non de monnaie détermine la possibilité, ou non, d'accéder aux moyens d'assurer les besoins vitaux, alors :
1. Le pouvoir de créer la monnaie est un pouvoir de donner la vie ou de la refuser, ce qui est précisément la définition de l'esclavage (voir plus haut).
2. Les humains ne disposant pas du pouvoir de créer la monnaie ne peuvent pas s'échapper de ce système sans risquer de perdre leur propre vie. 

Donc à la question : "Le système monétaire actuel est-il un système esclavagiste ?", nous pouvons répondre : "Oui." 
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NB2 : Selon les travaux de Franz Oppenheimer sur les origines des États et ceux de David Graeber sur les origines de la dette, l'esclavage tout court, puis l'esclavage monétaire, sont nés de la conquête.
Les populations autochtones des régions conquises furent d'abord méthodiquement massacrées, ce qui facilitait pour les colonisateurs l'occupation des terres. Puis les conquérants ont compris qu'il était beaucoup plus rentable d'épargner les populations locales afin de les exploiter.
L'idée de NE PAS TUER les perdants a donné naissance à la notion de "dette de vie", c'est-à-dire une dette infinie qui ne pouvait se solder que par le droit de propriété acquis par le nouveau maître sur l'humain soumis, devenu ainsi esclave. De fait, le pouvoir de laisser en vie est bien l'exercice d'un droit de vie ou de mort. C'est la définition de l'esclavage retenue ici.
Plus tard, la monnaie, rendue obligatoire par l'impôt et la menace de mort en cas de non-paiement, s'est substituée à la menace de mort directe. (Toutefois, même aujourd'hui, la menace de mort est toujours bien présente, quoique mieux dissimulée. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer ce qui arriverait si, face à un huissier et à un officier de police venus saisir ses biens pour le paiement d'une dette fiscale, un contribuable menaçait de se défendre par la force.)

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