Épisode 12. Un système qui enrichit les pays riches et appauvrit les pays pauvres

Le monopole du crédit payant émis et distribué par le secteur bancaire s'impose aussi au niveau mondial, et altère profondément les relations internationales. 

Il y a plusieurs échelons dans la finance : 
Les agences bancaires des petites villes louent la monnaie au niveau local. 
Les agences des grandes villes et des capitales financent les grandes entreprises et les dépenses nationales. 
… Mais il y a mieux : l'idéal du métier, c'est de financer des pays tout entiers d'un coup. 

C'est l'activité principale de deux organismes mondiaux : le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Le premier reçoit les garanties financières des États les plus puissants du monde, et avec ces garanties, la seconde va pouvoir créer des milliards de dollars !

Le système fonctionne ainsi : 
Les "experts" économistes et analystes du FMI approchent un pays pauvre qui dispose de ressources "intéressantes". Des ressources dont les pays riches, les pays occidentaux, ont particulièrement besoin : pétrole, gaz, uranium, coltan, bauxite...
Les experts exhibent des études, des plans, et expliquent aux dirigeants de ce pays pauvre qu'ils sont assis sur une mine de richesses, mais que le problème, c'est qu'ils n'ont absolument rien pour en organiser l'exploitation : ni argent, ni savoir-faire, ni entreprises. 
On explique alors aux dirigeants que c'est le "développement" de leur pays qui est en jeu, et que pour extraire toutes ces richesses et les vendre (c'est-à-dire pour enrichir leurs populations et par la même occasion s'enrichir eux‑ mêmes), ils vont avoir besoin d'équipements, d'infrastructures : des mines, des ponts, des routes, des ports et des pipelines, des usines et des machines.
Mais malheureusement tout cela coûte très cher, et ils n'ont personne pour les construire. Mais heureusement, les pays riches ont de l'argent, des dollars, et ils sont prêts à les "prêter" !...

À partir de là, la procédure est exactement la même que celle par laquelle une banque crée un crédit ex nihilo pour un particulier qui s'endette pour acheter sa maison : inscription simultanée au bilan de la Banque Mondiale d'un actif (la reconnaissance de dette du pays) et d'un passif (l'argent qui va servir de "prêt"). Résultat : tout un pays s'endette, c'est-à-dire s'oblige à trouver l'argent pour rembourser le principal, et à vendre son travail ou ses ressources pour payer les intérêts. 
Mais il y un hic, un petit plus qui fait toute la différence. Les pays pauvres n'ont aucune entreprise pour effectuer les travaux. Personne sur place ne sait comment faire pour extraire le coltan, transporter le pétrole, transformer l'uranium...
Alors une simple clause est ajoutée au contrat de "prêt". Une clause par laquelle le pays pauvre s'engage à faire réaliser tous ses nouveaux équipements... par les seules entreprises qui disposent des moyens et des compétences nécessaires pour ce faire : les entreprises occidentales. 

D'un point de vue strictement monétaire, c'est une opération en or pour l'Occident : 
1. le montant du "prêt" en dollars crée ex nihilo par les pays occidentaux n'a rien coûté à ceux-ci
2. le montant du "prêt" revient intégralement dans le PIB des pays occidentaux, en paiement d'exportations de biens et de services (en effet, les entreprises occidentales vont réaliser des travaux et livrer des équipements dans un pays étranger, il s'agit donc bien d'une exportation), ce qui améliore la balance des paiements occidentale 
3. la dette associée à la création de cette monnaie nouvelle reste due par le pays pauvre ; par contre la monnaie elle-même vient s'ajouter, nette de tout intérêt, à la masse monétaire en dollar, ce qui permet aux pays qui l'ont reçue en paiement (les pays riches) de disposer de montants nouveaux de monnaie libre de dette pour réaliser leurs propres transactions internes et permettre de l'activité nouvelle, créatrice d'emploi 
4. les intérêts de la dette sont impossibles à payer par les pays pauvres dans une monnaie étrangère qu'ils ne peuvent pas créer eux-mêmes (le dollar), ce qui les oblige, soit à emprunter indéfiniment pour payer les intérêts et donc à rester constamment débiteurs, soit à brader leurs ressources dès qu'elles seront mises en exploitation. Dans un cas comme dans l'autre, les pays occidentaux sont largement gagnants.

Pour ces pays pauvres, la mise en place d'une dette perpétuelle dans leurs comptes publics, et souvent l'installation sur leur territoire de troupes occidentales afin d'en sécuriser le paiement, jouent le même rôle que l'impôt et la menace fiscale pour les populations occidentales.

En résumé, nous sommes là encore en présence d'un très efficace système d'exploitation destiné à perpétuer la domination des plus puissants sur les plus faibles.

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