Épisode 1. La monnaie, c'est la dette

La monnaie est créée sous forme de crédit, ce qui revient à dire que la monnaie est créée sous forme de dette.

Explication

Le crédit et la dette sont les deux faces d'une même opération. Tout dépend du point de vue où l'on se place, c'est-à-dire de la position que l'on occupe dans la relation créancier-débiteur. 
Si vous êtes le "prêteur" (le créancier), vous avez accordé un crédit ; si vous êtes "l'emprunteur" (le débiteur), vous avez contracté une dette. 
Quand une banque accorde un crédit, en une seule et même opération une créance est émise et une dette est acceptée. 
Du point de vue de la banque, le montant du crédit accordé est une créance. 
Du point de vue du débiteur, le montant de crédit reçu est une dette. 

Aujourd'hui, et dans le monde entier, la monnaie vient à l'existence à chaque fois qu'un nouveau crédit est émis (c'est-à-dire, pour les débiteurs, à chaque fois qu'une nouvelle dette est acceptée). 
Dès que ce nouveau crédit est dépensé dans l'économie, il devient de la monnaie "scripturale" qui se met à circuler sur les comptes de tout le monde, passant d'un compte à un autre à chaque vente et à chaque achat. La partie négative de cette création monétaire reste au passif des émetteurs et leur rapporte des intérêts. 

Pas de dette, pas de monnaie

Donc, à chaque fois que quelqu'un, quelque part (gouvernement, entreprise, collectivité locale, particulier...), contracte un crédit auprès d'une banque, de la monnaie nouvelle est créée. Et c'est ce crédit nouveau qui, une fois dépensé dans l'économie, devient la monnaie de tout le monde. 
Cette monnaie n'existe que sous la forme de chiffres sur des comptes. Ce sont ces chiffres qui permettent de tenir la représentation comptable des myriades de transactions réelles que nous réalisons tous les jours. 
Cela signifie que, pour que toutes les transactions possibles et souhaitées puissent se faire au jour le jour, il faut au minimum que la masse monétaire indispensable pour les représenter soit présente, que les unités monétaires existent, et que la quantité se maintienne sans diminuer. Or, pour cela, il faut obligatoirement que quelqu'un, quelque part, se soit endetté en amont. 
Si la masse monétaire diminue, les transactions nécessaires pour que l'économie puisse tourner deviennent plus difficiles à réaliser. 
En effet, tant que les unités de mesure monétaires (les chiffres) sont en quantité suffisante sur les comptes, toutes les transactions possibles et souhaitées peuvent se réaliser. 
Par contre, si la quantité de chiffres diminue, ces transactions, qui sont pourtant toujours possibles matériellement, et toujours souhaitées par les agents économiques, ne peuvent plus se réaliser ! 
Alors, faute de monnaie, faute de chiffres sur les comptes, l'économie se paralyse peu à peu, et l'activité diminue (c'est ce que l'on appelle la déflation : la diminution de la quantité de monnaie dans l'économie). 
Si l'on veut relancer l'économie, il faut réinjecter de la monnaie. Mais réinjecter de la monnaie ne peut pas se faire sans relancer le crédit. Donc il faut s'endetter ! 
S'endetter pour se sortir d'une crise de la dette est bien entendu une absurdité. Avec ce système, il est normal que tout le monde soit en permanence au bord du surendettement et de la faillite.

Par Gérard Foucher

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