Oui! Les OGM sont des poisons!


Photo du film "Tous cobayes ?". (Jean-Paul Jaud / ©J+B Séquences)

Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l'industrie OGM.

Cet article paraît dans le "Nouvel Observateur" daté du 20 septembre 2012

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine "Food and Chemical Toxicology" - une référence en matière de toxicologie alimentaire - en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du français Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié.

Lourdement toxique et souvent mortel

 

Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. A tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait. 

En 2006, c’est comme un véritable thriller que commence cette recherche, dont le maître d’œuvre, Gilles-Eric Séralini, divulgue lui-même les conclusions dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine ("Tous cobayes !", Flammarion, en librairie le 26 septembre).

Nom de code In Vivo

 

Jusqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence.

Le récit de l’opération – nom de code In Vivo - évoque la très difficile récupération de semences de maïs OGM NK 603, propriété brevetée de Monsanto, par le truchement d’un lycée agricole canadien. Puis la récolte et le rapatriement des "gros sacs de jute" sur le port du Havre fin 2007, avant la fabrication de croquettes dans le secret le plus total et la sélection de deux cents rats de laboratoires dits "Sprague Dawley". Bilan ? Glaçant : "Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, confie le professeur Séralini, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur".

Pathologies lourdes, tumeurs mammaires

 

Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l'herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaine de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM. 

Comparaison implacable : les rats nourris au maïs OGM déclenchent donc de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats nourris sans OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24e mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles nourries aux OGM sont touchées contre seulement 30% chez les sans-OGM.

Surtout, les tumeurs surviennent nettement plus vite chez les rats nourris aux OGM : vingt mois plus tôt chez les mâles, trois mois plus tôt chez les femelles. Pour un animal qui bénéficie de deux ans d’espérance de vie, l’écart est considérable. A titre de comparaison, un an pour un rongeur, c’est à peu près l’équivalent d’une quarantaine d’années pour un homme…

 

Exiger des comptes

 

C’est forte de ces conclusions que Corinne Lepage, dans un livre qui paraît vendredi 21 septembre ("La vérité sur les OGM, c’est notre affaire", Editions Charles Léopold Mayer), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l'impact physiologique des OGM.

Cette bataille, l’ex-ministre de l’Ecologie et première vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire àStrasbourg, la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Eric Séralini. Une simple association 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre.

Une étude financée par Auchan et Carrefour

 

Comment ? Autre surprise : en sollicitant la Fondation suisse Charles Léopold Mayer. Mais aussi les patrons de la grande distribution (Carrefour, Auchan..), qui se sont réunis pour l'occasion en association. Depuis la vache folle, ces derniers veulent en effet se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. A tel point que c’est Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, qui a débloqué les premiers financements.

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques, laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d'études de 100 à 150 millions d’euros chacune!

Le temps de la vérité

 

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé. Dés le 26 septembre, chacun pourra voir au cinéma le film choc de Jean-Paul Jaud, "Tous Cobayes ?", adapté du livre de Gilles-Eric Séralini, et les terribles images des rats étouffant dans leurs tumeurs. Des images qui vont faire le tour de la planète et d’internet, puisqu'elles seront diffusées sur Canal+ (au "Grand Journal" du 19 septembre) et sur France 5 (le 16 octobre dans un documentaire). Pour les OGM, l’ère du doute s’achève. Le temps de la vérité commence.

Etude publié par la revue américaine "Food and Chemical Toxicology" :

Allez plus loin: Arpad Pusztai

En fait, un chercheur britannique nommé Arpad Pusztai avait déjà prouvé la nocivité des OGM il y a plus de dix ans ! Ce qui lui avait vallu d’énormes ennuis. Voici les preuves :

http://mai68.org/journal/N7/9juin1999.htm

http://mai68.org/journal/N7/n1092.asp.htm

Cela prouve aussi qu’en fait les pouvoirs publics savaient depuis longtemps. Mais ils ont été achetés par Monsanto qui a fait dénigrer Arpad Pusztai par des scientifiques achetés eux aussi et devenus par là même des spécialistes du mensonge d’État. Monsanto qui vient de réussir à faire interdire le chlorate de soude, qui est le meilleur et le moins cher des désherbants totaux, afin d’imposer ses produits sur le marché.

Note :

Le 20 septembre 2012 à 4h du matin, heure française, l’article sur Arpad Pusztai du Wikipedia français ne parle pas de ses travaux sur les OGM. Ils disent : « Pendant les années 1963-1999 il travaille au Rowett Research Institute à Aberdeen en Écosse ». Mais ils oublient de dire, dans leur article principal sur ce scientifique, la raison de l’arrêt de ses travaux en 1999 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%81rp%C3%A1d_Pusztai

Par contre ils ont une ébauche d’article sur l’affaire Pusztai :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Pusztai

Extrait : « En 1998, Árpád Pusztai, chercheur à l’institut de recherches Rowett, annonce publiquement, lors d’une interview à la télévision, que la consommation de ces pommes de terre OGM par des rats provoque une dépression de leur système immunitaire et un retard de croissance. Cette émission provoque un scandale dans les médias, à la suite de quoi il est suspendu de ses fonctions à l’institut Rowett ».

L’article du wikipedia anglais parle de l’affaire Pusztai dans l’article principal le concernant :

http://en.wikipedia.org/wiki/%C3%81rp%C3%A1d_Pusztai

Et possède aussi un article sur l’affaire Pusztai :

http://en.wikipedia.org/wiki/Pusztai_affair

La contre offensive de Monsanto

Voici un article du site "Basta !" par Sophie Chapelle (21 septembre 2012)

La contre-attaque de Monsanto à l’étude sur les OGM de Gilles-Eric Séralini et du Criigen ne s’est pas faite attendre. C’est un courriel envoyé par un dirigeant de Monsanto, Jaime Costa, ingénieur agronome et directeur technique de Monsanto en Espagne. Il conseille à ses interlocuteurs d’aller consulter plusieurs réactions de scientifiques critiquant l’étude. Des scientifiques loin d’être indépendants...

Traduction de l’espagnol : « Objet : Au sujet des recherches indépendantes sur les OGM.

Sur cette page (lien), vous pouvez lire l’opinion de quelques scientifiques indépendants sur cette nouvelle publication qui n’a pas été revue par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) » [1].

Le courriel a été révélé par l’Observatoire européen des entreprises (CEO). Le lien préconisé par le cadre de Monsanto renvoie vers le site du Science Media Centre, basé à Londres et présenté comme une source d’informations indépendante. Le centre publie huit réactions de scientifiques. Tous rejettent l’étude du Criigen.

Se présentant comme une entreprise indépendante « qui travaille à promouvoir les opinions de la communauté scientifique au Royaume-Uni pour les médias », le Science Media Center est en réalité financé à 70 % par les grands noms de l’industrie de la biotechnologie. BASF, Bayer, Novartis, CropLife International sont autant de bailleurs de fonds de cette entreprise.

Malgré le conflit d’intérêt évident, l’opération semble bien fonctionner. Trois des huit experts mentionnés sur le Science Media Center ont été repris par l’agence de presse Reuters. C’est le cas de Tom Sanders, directeur du département des sciences nutritionnelles au King’s College de Londres, qui note que « cette race de rat est particulièrement sujette aux tumeurs mammaires lorsque les ingestions de nourriture ne sont pas contrôlées ».

Mais aussi de Mark Tester, professeur à l’université d’Adelaïde en Australie qui s’est étonné que les précédentes études n’aient pas soulevé les mêmes inquiétudes. « Si les effets sont aussi importants que rapporté et que l’étude est vraiment pertinente concernant l’homme, pourquoi les Nord-Américains ne tombent-ils pas comme des mouches ? » interroge t-il. « Les OGM font partie de la chaîne alimentaire depuis une décennie là-bas et la longévité continue de s’accroître inexorablement ».

Le groupe de lobby des biotechnologies Europabio a également publié un communiqué de presse citant ces mêmes experts et énumérant un ensemble d’arguments pour tenter de discréditer la recherche. Pour le CEO, ce n’est « probablement que le début des tentatives de l’industrie des biotechnologies pour miner la crédibilité de cette nouvelle étude ». L’équipe du Criigen répond à ces critiques sur le site du Nouvel Observateur.

Notes

[1] Le CEO précise avoir changé des éléments pour protéger la source.

L'U.E. invalide l'étude choc sur les rats

L'article original ICI
 
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que l'étude montrant un effet cancérigène d'un maïs OGM sur des rats est «d'une qualité scientifique insuffisante».

 

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) conclut ce jeudi après-midi que l'article du Pr Gilles-Eric Séralini, signalant une toxicité potentielle du maïs OGM NK603 de Monsanto et d'un herbicide contenant du glyphosate, était «d'une qualité scientifique insuffisante pour être considéré valide pour l'évaluation des risques».

Il y a deux semaines, la publication de cette étude dans la revue Food and Chemical Toxicology , montrant notamment des photos de rats boursouflés de tumeurs cancéreuses «grosses comme des balles de ping-pong» après avoir ingéré pendant deux ans ce maïs génétiquement modifié, avait suscité une vive émotion. Mais elle s'est également attirée de vives critiques de la part de la communauté scientifique.

«L'examen initial réalisé par l'Efsa considère que la conception, le système de rapport des données et l'analyse de l'étude, tels que présentés dans le document, sont inadéquats», souligne l'autorité européenne basée à Parme (Italie), dans un communiqué publié sur son site Internet. Elle «invite les auteurs à partager certaines informations additionnelles essentielles afin de lui permettre d'acquérir la compréhension la plus complète possible de l'étude».

Joint par l'AFP, le Pr Séralini, biologiste moléculaire à l'université de Caen, a déclaré peu après qu'«il est absolument scandaleux qu'ils (l'Efsa) gardent secrètes les données qui leur ont permis d'évaluer» cet OGM et ce pesticide. «De toute façon, on ne leur donnera rien à eux. On mettra ça sur un site public, quand eux l'auront fait», a-t-il poursuivi.

Non conforme aux bonnes pratiques scientifiques

Le groupe d'experts dirigé par le biologiste suédois Per Bergman qui a analysé la publication considère que «les lacunes constatées ne permettent actuellement pas à l'Efsa de considérer les conclusions des auteurs comme étant scientifiquement valables. Les nombreuses questions relatives à la conception et à la méthodologie de l'étude telles que décrites dans l'article impliquent qu'aucune conclusion ne peut être tirée au sujet de l'occurrence des tumeurs chez les rats testés».

Par conséquent, l'Efsa estime «en se fondant sur les informations publiées par les auteurs, qu'il n'est pas nécessaire qu'elle réexamine l'évaluation précédente réalisée sur la sécurité du maïs NK603, ni qu'elle tienne compte de ces résultats dans le cadre de l'évaluation actuelle qu'elle effectue sur le glyphosate».

En clair, les importations de ce maïs interdit à la culture en Europe mais autorisé pour l'alimentation du bétail n'ont pas lieu, pour l'heure, d'être interrompues.

Les experts européens jugent que «l'article n'a pas été élaboré conformément aux bonnes pratiques scientifiques en vigueur, telles que les lignes directrices reconnues sur le plan international en matière d'études scientifiques et de communication des résultats».

Deux phases

«Certains pourraient être surpris par le fait que la déclaration de l'Efsa se concentre sur la méthodologie utilisée dans cette étude plutôt que sur ses résultats, mais cette question est justement au cœur du problème», explique Per Bergman, toujours sur le site de l'Efsa. «Lorsqu'on réalise une étude, il est essentiel de s'assurer qu'un cadre approprié soit mis en place. Si on a clairement défini ses objectifs et qu'on a établi une conception et une méthodologie appropriées, on constitue une base solide à partir de laquelle des données précises et des conclusions valides peuvent être générées. Sans ces éléments, il est peu probable que l'étude se révèle fiable, valide et de bonne qualité».

L'examen préliminaire publié ce jeudi par l'Efsa constitue la première étape d'un processus qui se déroulera en deux phases. Une seconde analyse, plus complète, sera publiée d'ici la fin octobre 2012. «Celle-ci tiendra compte de toute information complémentaire communiquée par les auteurs de l'étude», à condition toutefois qu'ils reviennent sur leur décision de ne rien transmettre. Elle inclura également un résumé des évaluations réalisées par les États membres sur l'article ainsi qu'une analyse menée par les autorités allemandes responsables de l'évaluation du glyphosate.

À noter qu'en début de semaine l'agence de sécurité sanitaire allemande, le BfR, a déjà rendu un avis négatif sur la fameuse étude. D'après nos informations, son homologue française, l'Anses, devrait publier son avis autour du 20 octobre.

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Commentaires (1)

Luc Dunoyer
  • 1. Luc Dunoyer | 15/08/2014
Ahhh les OGM ...

L’étude de Seralini et compagnie --> majoritairement contredite par tous les autres chercheurs (et ils ne sont pas tous a la botte des multinationales non) et n'a pas passée la barrière de la réplication par d'autre chercheurs. Déjà ca c'est fait.

Ensuite cette petite vidéo d'un très, très grand scientifique résumant ma position sur le sujet: "https://www.youtube.com/watch?v=TeLLiCgby_8" (avant même de penser a critiquer le monsieur, soyez sur de vous car c'est une pointure scientifique).

Et si ce n'est pas assez clair --> l'outil n'est jamais le problème, mais son utilisation peut le devenir!

PS: il est évident, a la suite de ma dernière phrase si ce n’était pas le cas avant, que oui je suis contre l'usage d'OGM contrôler; mais prétendre que c'est mal point ... ça c'est malhonnête.

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